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Modèles communautaires de programmes et de pratiques de réduction des méfaits au Canada

2007-06-22: Quebec City, QC

À Québec pour la St Jean !

À Québec, nous passons par PIPQ, le Projet Intervention Prostitution Québec. Nous sommes accueillis par Julie, qui nous informe que le PIPQ existe depuis 1984. Leur site a souvent déménagé et a tendance à suivre l’action. Elles sont dans le quartier Saint-Sauveur depuis trois ans.

Notre tournée commence dans le local bas-seuil, où on y trouve plein de produits par terre, qu’elles ont reçus de divers hôtels – des petits shampoings, savons, etc, qu’elles redistribuent dans des trousses d’hygiène. Le local bas-seuil accommode une infirmière qui offre des services de santé en dehors du système social, ce qui veut dire que les femmes n’ont pas à présenter une carte d’assurance-maladie. Les services sont anonymes, à part pour certains tests de dépistage qui doivent être rapportés. Ce local sert aussi de local d’intervention, ou de repos si quelqu’un a besoin d’un peu de tranquilité. On y trouve un petit lit.

On y trouve aussi l’équipement d’injection, fournit par Point de Repères que nous visiterons tantôt, ainsi que tout ce qui est nécessaire pour le sécurisexe.

Nous sortons du local bas seuil et entrons dans la grande réception et dans le cœur du centre d’accueil. On y trouve un babillard plain d’information au sujet d’emplois et d’activités. La cuisine est ouverte à toutes. Elles encouragent un climat chaleureux et accueillant. La nourriture est en partie achetée, en partie donnée par Moisson Québec. Elles organisent des cuisines collectives une fois par semaine. Elles offrent aussi du dépannage alimentaire.

Elles ont des postes internet, téléphone, fax, tout ce qui peut leur aider dans leur démarche de recherche d’emploi et de documentation.

Elles font de la prévention et de la sensibilisation dans les écoles sur la prostitution et le travail de rue.

Il n’y a pas d’affiche qui indique le nom de l’organisme. Elles sont dans un quartier assez défavorisé. Le site est discret et n’attire pas d’attention.

Elles ont un vestiaire plein de vêtements gratuits, et des bénévoles aident à le garder en ordre. Elles ont aussi une petite pharmacie, et Julie est formée en premiers soins.

Deux de leurs intervenantes sont des « cat women », et elles fréquentent les bars, les agences et les salons de massage pour offrir du soutien aux femmes. Les trois autres intervenants travaillent sur la rue pour créer des contacts.

Elles sont en contact avec Stella, un organisme pour les travailleuses et travailleurs du sexe à Montréal, mais ne communiquent pas vraiment avec d’autres organismes au Canada, question de langue. Elles aimeraient bien devenir propriétaire de leur édifice, et avoir plus de personnel, des thèmes que nous entendons dans les autres villes…

Nous remercions Julie et partons pour Point de Repères.

Point de Repère se situe dans le sous-sol de l’église St-Rock dans un quartier en pleine revitalisation. L’organisme ressent la pression de la communauté, qui amerait bien les voir se déplacer ailleurs.

Nous rentrons et sommes accueillis par le personnel au comptoir d’échange de seringues. Du coin arrive Mario Gagnon, le directeur général. Encore une fois, l’atmosphère est chaleureux et accueillant. L’organisme est ouvert 7 jours sur 7.

C’est aussi un centre d’accueil où les gens peuvent prendre un petit repos, lire de la documentation, jaser entre eux, et obtenir des références aux services qu’ils ont besoin.

Mario nous parle de ses soucis face à la répression policière qui s’accélère dans le quartier, avec la revitalisation du quartier et les préparations pour le 400e anniversaire de Québec. Leur clientèle est de plus en plus dispersée vers l’ouest. De plus, l’église est menacée par un manque de fonds.

Une des employées, Emmanuelle, travaille sur un projet d’augmentation de la compassion envers les utilisateurs de drogues par injection. Elle fait de la formation, des témoignages auprès des policiers, des résidents, des commerces, d’autres organismes afin de sensibiliser la communauté.

Ils offrent un local à un groupe de soutien hépatite C. Ils se réunissent tous les jeudis pour s’entraider.

Un travailleur du programme de méthadone du CHUL vient faire des évaluations en toxicomanie à Point de Repères.

Mario est très fier de nous faire part d’un projet de guides de rue où des consommateurs, des gens du milieu se sont réunis pour créer des guides de poche qui contiennent de l’information juridique, sur les abcès, la RCR, les overdoses. Ces petits documents sont très pratiques et portatifs.

Leur infirmière de rue, Isabelle Têtu, avec un médecin, fait des dépistages pour le VIH, les vaccinations hépatite A et B. Quand le médecin vient, ils font des examens gynécologiques chez les femmes, du suivi du traitement de l’hépatite C, de l’enseignement sur comment s’injecter, des prises de sang, des soins de plaies.

Et c’est à Point de Repères que nous accueillons les participants pour le groupe de discussion. Nous avons un local privé dans lequel il est facile de parler ouvertement. C’est plaisant d’animer un groupe si impliqué et ouvert.

Il s’adonne que nous somme à Québec pour la Saint-Jean ! Je suis très excitée de partager cette expérience avec mes deux collègues anglophones, Walter et Lisa.

Lynne

Où nous sommes allés

St. John's NL
St. John's, NL
Halifax, NS
Halifax, NS
Quebec, QC
Quebec, QC
Rouyn-Noranda, QC
Rouyn-Noranda, QC
Ottawa, ON
Ottawa, ON
Winnipeg, MB
Winnipeg, MB
Edmonton, AB
Edmonton, AB
Victoria, BC
Victoria, BC
Whitehorse, YT
Whitehorse, YT

Photos from Quebec City, QC